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 Le temps d'un rêve [Yume]

MessageSujet: Re: Le temps d'un rêve [Yume]   Mer 9 Nov 2016 - 17:11
Maître des Trophées
[MJ]-Sylver
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Maîtriser un tel pouvoir demandait en plus d’une grande énergie spirituelle de savoir mesurer le poids de telles responsabilités. Le temps était quelque chose de fragile et il suffisait d’un seul faux pas pour que tout bascule. Le directeur était accablé par une vive douleur causée par sa technique mais surtout par un sentiment d’impuissance. Une frustration le parcourait et en l’état actuel des choses il n’arrivait pas à faire le point, tant ce qu’il venait de vivre était intense. Il restait accoudé à son bureau, tenant fermement son crane douloureux entre ses mains. Personne ne parla pendant cet instant, même Magnum d’habitude si occupé, toujours en train de faire quelque chose, avait cessé complètement toute activité. Il avait presque envie de faire les cents pas, mais il se retint car cela risquait d’énerver son supérieur.

L’effet de l’aspirine commençait à faire effet, mais elle ne couvrait que partiellement ses maux de tête, et elle n’enleva pas pour autant ce flux incessant de réflexions. Le silence fut brisé quelque minutes plus tard par quelqu’un qui toqua à la porte. Magnum fit signe d’entrer et c’est alors que l’agent de sécurité fit son entrée. Il aperçu alors le directeur en position de faiblesse, sentant tout de suite que quelque chose n’avait pas tourné rond.

- Magnum vient de me raconter ce qu’il s’est passé, j’ai pris soin de faire venir quelqu’un de l’infirmerie, on a fait aussi vite qu’on a pu monsieur. 

Et en effet quelqu’un était venu avec lui, ou plutôt quelqu’une. Elle était cachée derrière le corp massif d’Arnold et fit sans plus tarder son apparition, l’air sévère. Le tein basané, sa petite carrure, sa blouse blanche et son jeune visage. Marissa l’infirmière en chef venait d’arriver. Avec cet air assez remonté elle paraissait tout aussi dangereuse que l’armoire sur pattes qu’était Arnold. Son caractère pouvait parfois, même souvent, être désagréable. Elle s’avança sans se soucier de Magnum. Le directeur interloqué releva la tête et fit semblant d’aller mieux.

- Ah non mais fallait pas…

- Oh que si ! Voici encore une fois où je vous prends à forcer plus que vous ne pouvez le supporter, et moi ça m’insupporte !

Marissa sortit de sa poche une seringue. Le directeur déglutit.

- Non vraiment je vais bien !

- Oui, c’est ce qu’ils disent tous.

- Un examen suffira.

- Je n’ai pas besoin d’examen quand je vous vois, et ce n’est pas la première fois, je connais les symptômes et ce qu’il faut faire. Mais soit, si vous insistez.

Et elle s’avança vers le directeur. Lorsqu’elle fut tout prêt elle sortit une lampe et un thermomètre. Voyant que le concerné ne semblait pas réagir, elle lui fit un geste de la main.

- Allons, je ne vais pas pouvoir vous examiner si vous n’enlevez pas ce masque.

Il l’enleva alors délicatement. C'était à présent plus que de simple yeux pourpre qui scrutaient les environs, c'était surtout un visage, un lot d’expression, pour l’instant neutre, pâle. Marissa se laissa aller à un compliment.

- Voila un beau visage, pourquoi vouloir le cacher… Alfonzo ? Vous me feriez presque craquer, c’est dommage quand même.

- Ce sont des choses qui me regardent. Je n’ai rien à dire là dessus. Et s’il vous plait évitez de m’appeler par mon prénom. On peut y aller ?

- Certainement… Mon-sieur-le-Di-rec-teur.

Elle lui enfila alors le thermomètre dans la bouche, pendant ce temps avec la lampe elle ausculta la réaction de ses pupilles. La lueur rougeatre de ses iris devint ainsi plus rosée sous cette lumière. L’infirmière grimaça. A présent elle sortit un tensiomètre, retira la manche du malade pour découvrir un bras tout aussi pâle et entoura le dispositif autour du membre. Elle pompa l’air puis inspecta la pression arterielle de l’individu haut placé. La grimace s’emplifia. Son rictus ne s’améliora pas non plus quand elle vit la température du thermomètre. Le directeur eu envie de sortir la fameuse question, même s’il en connaissait la réponse.

- C’est grave docteur ?

- Oh oui, très grave, très très grave. Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle.

- Ah il y a une bonne nouvelle quand même ?

- Oui, vous allez pouvoir continuer à manger des bonbons, et toutes les cochonneries que vous souhaitez.

- Ah, ouf…

Elle lorgna un instant sur le paquet de bonbons qui se trouvait sur son bureau, puis en piocha un de couleur rouge. Elle l’inspecta rapidement avant de le gober. Elle remarqua aussi une peluche verte juste à côté qu’elle pris dans ses mains et qu’elle observa attentivement. Irrité, le directeur lui déroba des mains et la garda sous le coude. L’infirmière parue amusé par cette réaction, mais il revint rapidement de façon imperturbable aux fondamentaux.

- Et la mauvaise nouvelle sinon ?

Elle reprit un ton grave.

- La mauvaise… c’est que vous devez vous reposer toute la journée. Mais surtout je vous interdis d’utiliser vos pouvoirs pendant au moins une semaine. Vous risquez la rupture d’anévrisme si vous insistez.

- Je crois que nous allons avoir un sérieux problème alors.

- Pourquoi donc ?

- Hé bien il se trouve que j’ai activement besoin de mes capacités à l’heure actuelle.

- Le docteur a dit non.

- Alors si le docteur a dit non, tout va bien alors...

- Vous faites ce que vous voulez, moi je ne fais que donner quelques recommandations.

- Certes.

- Hé bien allez-y ! Essayez pour voir, si c’est ce que vous souhaitez. Utilisez donc vos pouvoirs.

- J’y compte bien.

Le directeur claqua des doigts. Il y eu un silence. Il bougea la main devant l’infirmière pour voir si elle réagissait. Puis soudain.

- Bouh !

Et le directeur sursauta, pensant que le temps s’était arrêté alors qu’en réalité rien ne s’était produit.

- Vous voyez bien ? Z'êtes à sec là. Plus une goutte, nada.

- Oui je vois… et on ne peut rien faire ?

- A part la semaine de repos, je ne vois pas non.

- Bon d’accord, mettons. Et dans les heures qui suivent j’aurais peut-être récupéré un peu non ?

- Je vous l’ai dis, si vous insistez vous risquez d’y passer, et moi je n’ai pas envie de déclarer l’heure de votre mort devant votre corps inerte. Vous risquez d’outrepasser vos réserves, vous savez ? Celles que vous a conféré le master core. Et ainsi vous ne serez même plus capable d’être réanimé.

Le directeur resta silencieux, ne semblant ni confirmer ni infirmer de tels faits. On ne parlait que très rarement du master core, même lui n'en faisait que très peu allusion.

- Vous connaissez l'histoire non ? Vous sombrerez dans l’inertie, pour toujours et dé-mainiaque vous recyclera, comme elle l’a toujours fait dans ces cas-là parait-il. Votre corps démantelé, arraché en tout sens, brisé au sens propre comme au figuré, et vous entrerez au panthéon des créations à ne plus jamais refaire. Dans la liste noire de Créa-Main. Avec un peu de chance, vous aurez le droit de croupir dans la prison subspatiale, mais je crois que ça, c’est pire que la mort.

Tout le monde se mit à frissonner suite à l’explication, même le directeur détourna le regard ailleurs. Cette histoire avait à la fois lieu de croyance, comme on enseignait aux enfants qu’ils iraient en enfer s’ils n’étaient pas sage. Bien sûr il n’y avait aucune preuve que tout cela se passait vraiment, car il fallait déjà l’expérimenter, et l’expérimenter revenait donc à mourir. Qui aurait pu donc expliquer ? C’était peut-être juste une mise en garde de la part de Créa-Main, qui jusque-là n’était présente que sur un document officiel auquel seul le personnel qualifié avait eu accès. Le directeur était d’ailleurs l’un des seuls à avoir audience avec cette grande main qui paraissait tout puissante. Pas imbattable, mais surement immortelle.

Quelqu’un qui a créé ce monde, on ne peut pas le supprimer n’importe comment. Le grand chef du colisée paru tout à coup plus nerveux. Il savait peut-être des choses que même ses plus proches collaborateurs ignoraient, des choses bien pire et qu'il valait mieux taire, bien plus dérangeante que ces histoires qu'ils semblaient considérer comme des fables.

- Laissez-moi à présent Marissa je vous prie.

- Bien, je me retire. Puis tournant son regard vers les deux agents, Hé les gars, surveillez-le bien. Je vous fais confiance hein ?

- Oui madame, dirent Arnold et Magnum en chœur.

Elle s’en alla et ferma la porte doucement. Les deux agents regardèrent leur supérieur positionner de nouveau son masque. Il les vit alors indécis à l’idée de parler, car un silence s’était de nouveau installé. Ce silence ne resta pas longtemps, car la main gantée du responsable des lieux vint heurter violement sur le coup de la colère un porte crayon qui vola deux mètres plus loin, causant un grand fracas. Les stylos s’étaient dispersés un peu partout et les deux employés en costume venaient de sursauter suite à cette violente réaction. Ils continuèrent à être aussi muet. L’homme masqué se mit à pester.

- Fait chier ! J’y étais presque ! Je me suis fait cinquante cycles, vous entendez ? Cinquante putains de cycles ! Entre six et sept heures chacun, vous faites vite le calcul. J’ai utilisé mon pouvoir en continue pendant plus de trois cent heures théoriques dans le sablier. Et à chaque fois ? Arnold arrive toujours trop tard, et ce mec au turban me les casse avec ses monstres. Et sa baffe, son fusil, j’aimerai pouvoir lui rendre tout ça au centuple. Je suis donc théoriquement mort plusieurs dizaines de fois et la cible a été capturé presque autant de fois ! Mais pour le dernier coup, il suffisait quoi ? de quelques secondes de plus ? On le tenait ce salaud de chasseur de trophée. Ce dompteur de monstres. Et J’imagine qu’on ne peut plus faire marche arrière ?

Magnum se risqua à prendre la parole pendant qu’il était en plein excès de rage.

- N-Non désolé monsieur. Comme convenue dans notre plan, il fallait attirer le dompteur d’une certaine manière, et nous avons divulgué la présence du Zoroark pour l’attirer dans le piège. Monsieur, si Yume se fait prendre ce sera en partie notre faute, la faute du Colisée. Vous aviez conscience de ce que cela impliquait. On avait misé sur ça, sur le fait que ce pokémon ferait un très bon appât. Monsieur, on ne peut pas revenir en arrière, les pièces sont en marche. Si Yume se fait capturer on pourra toujours le repérer. Vous savez, le capteur longue portée, vous deviez le positionner, n’est-ce pas ?

- Oui, le capteur, je le pose à chaque fois que Yume entre dans la poubelle, je le glisse au niveau de sa tête dans sa fourrure et en même temps je m’imprègne un peu de son odeur pour fausser l’odorat du démolosse.

- Un… démolosse ?

- Oui... je ne vous ai pas dis ?

- Vous êtes le seul à savoir ce qu’il s’est passé, mais vous êtes trop furieux pour avoir daigné nous faire un débriefing, ou un briefing… ou un débriefing ? Ah ! Je ne sais plus moi avec toutes ces histoires de manipulation temporelle.

- Les dix premiers essais, il n’y a rien à dire dessus, si ce n’est que j’avais toujours du mal à me faire accepter par Yume, du coup je n’arrive pas à installer assez de confiance entre nous. Les vingt suivants j’arrive à avoir un semblant de discussion avec lui, mais il n’accepte jamais de se cacher, et il se fait attraper directement. Les vingt derniers cycles environ, j’arrive à le persuader de se cacher dans une poubelle. Le reste n’est qu’une suite d’ajustement, et le dernier coup il me suffisait de tenir trente secondes de plus pour qu’Arnold arrive et le neutralise.

L’agent de sécurité derrière ses lunettes noire parait alors gêné et se gratte la tête sans trop savoir quoi dire. Une copie de lui qui n’arrive jamais à temps pour mater un voyou ? Il se demande comment c’est possible.

- Comment fait-il pour s’échapper ?

- Il se sert d’un Alakhazam.

- Ah, voila autre chose.

- Oui. Ils se téléportent instantanément.

Arnold se racle la gorge et profite de cette remarque pour prendre la parole.

- Je comprends mieux pourquoi je n’arrive pas à l’intercepter !

- Oui, à moins que vous ne sachiez suspendre le temps, vous n’arriverez jamais à l’arrêter dans sa fuite.

- Pourquoi ne pas avoir justement utilisé vos pouvoirs pour le stopper net ?

- C’est compliqué. Je suis déjà en regretio pendant que je côtoie le Zoroark. Quand je suis un adulte, il est presque impossible d’instaurer une confiance suffisante avec lui. Ajoutez à cela que le tempo maxima contrôle les cycles du sablier. Je n’ai plus la force pour utiliser un autre pouvoir.

- Mais à présent nous somme dans la réalité, et vous n’avez plus à faire le tempo maxima, alors il y a toujours moyen…

- Non il n’y a aucun moyen, vous aviez bien vu que mes pouvoirs n’était présentement plus disponible. Marissa a été claire là dessus. A moins que je dispose d’un sursaut d’énergie, et encore ce sera uniquement pour le regretio.

- Contentez-vous donc de laisser le capteur sur la peau du Zoroark.

- M’en contenter ? Non.

- Pardon ? Mais on pourra toujours aller le sauver plus tard !

Le directeur s’approcha de magnum et le regarda avec insistance.

- Pour trahir la confiance que j’ai longuement essayé d’installer avec lui ? Je ne ferai pas ça à Yume. Savez-vous au moins quelque chose de sa vie ?

- ... Monsieur, si je puis me permettre, vous avez fait davantage pendant la mission que de réfléchir à une stratégie, je me trompe ? A quel point vous êtes-vous lié avec ce Zoroark pendant tant d’heures ?

L’homme masqué se retourna pour se mettre dos à eux.

- Il est vrai, que j’ai appris à connaître Yume bien plus que n’importe qui d’autre, car j’ai dû y passer peut-être une cinquantaine d’heure en sa compagnie, sur les trois cent au total. Nous avons évoqué plusieurs sujets. Bien sûr pour lui à chaque fois cela revenait à zéro, mais je lui posais des questions différentes à chaque fois. Son passé est triste et moi moralement je ne peux tout simplement pas le laisser se faire prendre dans les griffes de cet être abject.

- Vous deviez rester le plus impartial possible.

- Nous ne sommes pas si différents. J’ai été touché. Mais sachez bien une chose, j’ai toujours gardé à l’esprit la mission. Ce qui est triste, c’est qu’il ne saura presque rien de moi, et moi je connaîtrai son histoire.

- Vous êtes le directeur, c’est donc normal que les choses se passent dans ce sens. Connaître les gens qui peuplent votre propriété, c'est un minimum pour assurer sa sécurité.

- Mais pas d’une façon aussi proche, je l’admets.

- Ne prenez pas de risque.

Le directeur leva une main vers eux en arrière, il ne se retourna même pas. Il ne donna aucun autre ordre. Les deux agents se regardèrent sans trop comprendre ce geste, ce qui valut un haussement d’épaule de la part de Magnum qui en profita pour demander.

- Monsieur ?

- Veuillez me laisser, je dois me reposer. Allez vous boire une tisane Magnum, ou bien manger une glace.

- Laissez-moi au moins prendre ma tablette !

- Si ça vous chante, mais laissez-moi en paix à présent.

- Très bien monsieur.

L’assistant du directeur alla prendre sur son bureau un petit écran portable qu’il positionna contre son flanc tenu fermement dans une main. Il se retira en compagnie de l’agent de sécurité. La porte se ferma.

Le directeur se trouvait enfin seul. Il s’était déjà écoulé une demi-heure depuis le choc qu’il venait de subir suite à la rupture du tempo maxima. Les morceaux de sablier et tous les grains de sable se trouvaient toujours répandus au sol, ainsi que la boite à crayon et les quelque stylos qu’il avait fait valdinguer plus tôt sous le coup de la colère. Ce désordre présent dans le bureau faisait écho au désordre qu’il éprouvait dans son esprit. Il commença ainsi à faire les cents pas. Les minutes défilaient, et on se rapprochait toujours plus du moment où le chasseurs de trophée s’infiltrerait dans les locaux, son démolosse en laisse à la recherche du pokémon albinos.

Pendant plus de quatre heures il avait ainsi cogité, prenant tout de même la peine de faire une sieste car il n’avait jamais vraiment dormis en fait pendant sa longue simulation, ne s’étant permis de somnoler que quelques fois. Les cernes le marquaient, les paupières étaient lourdes. C’était le moment d’entrer en scène, et cette fois-ci il n’aurait pas droit à plusieurs essais, il n’en aurait qu’une seul et il serait déterminant. Il enleva de nouveau son masque, puis sorti d’un tiroir un autre masque, jaune ressemblant à un renard. Il récita la formule, comme d’habitude.

"Regretio"

Rien ne se passa, il avait la même apparence. Il essaya ainsi à plusieurs reprises, sans succès. Son cœur s’accéléra, ses mains tremblèrent.

- Pourquoi… pourquoi je tremble ? Pourquoi ai-je peur ? Je sais pourtant comment tout ceci se finira. Cela se finira très bien, comme d’habitude, aucun échec permis, toujours la bonne solution. J’ai toujours réussi.

Il se mit à transpirer.

- Et si j’échouais ? Non, je ne peux pas échouer, je suis à la tête d’un lieu qui abrite des centaines d’être aussi redoutable les uns que les autres. Haha… Hahaha !

Son rire nerveux  s’évanoui aussi subitement qu’il venait de commencer.

Il dégluti en observant un autre tiroir plus bas encore. Il l'ouvrit avec hésitation. Dedans s'y trouvait des dossiers, mais il les sortit rapidement et les posa sur le bureau avant de les ignorer, car autre chose se trouver au fond, bien caché. Il sortit un cylindre, comme une seringue. Une dose d'adrénaline applicable rapidement. Sur l'étiquette était écrit "pour les coups dur mais dangereux".

- Qu'est-ce que je ne ferais pas pour m'éviter des regrets plus tard ?

Il planta la petite aiguille sur son bras et d'une seule pression, l'adrénaline se répandit dans son corps. Il sentit une volonté plus profonde l'envahir, autant qu'une force qui semblait caché au plus profond de son être. Il se sentait comme revivre !

Une dernière fois il récitait le mot magique et put enfin retrouver un aspect enfantin, ceci au prix d'un vertige et d'un bref saignement de nez. Il se ressaisit bien vite et essuya le mince filet rouge qui déscendait jusqu'à ses lèvres. Portant le masque jaune sur son visage, il était fin prêt. Prêt à rejouer un scénario qu'il connaissait presque par coeur. Cette fois-ci il n'y aurait qu'un seul essai.

...

"Tu as dix secondes. Soit tu me dis où est ce Zoroark, soit j'appuie sur la détente et tu t'endors au pays merveilleux des trophées. Alors... 10... 9..."

Nous y voila de nouveau. Le même décor était planté et le chasseur de Trophée, surnommé "le Dompteur" allait faire une fois de plus son office. Il égraina une fois de plus les secondes, et comme toujours, Arnold ne venait pas, comme si le destin semblait immuable.

"1..."

*BANG*

Le coup partit de nouveau, violent. Mais...

La balle n'avait pas atteint sa destination ce coup-ci, ou plutôt ne l'avait-elle pas encore atteinte, car elle était toujours en course. Une main tendue devant le projectile, flottant dans le vide et inerte. Ce n'était pourtant plus un enfant qui se tenait devant l’intrus, mais bien un adulte. Il s'en rendit compte tout de suite.

*Mon état de faiblesse m'empêche donc de maintenir le regretio pendant que j'use de la temporalité sur mon environnement... certes. De toute mannière je n'ai plus besoin d'avoir cette forme, à présent que j'ai gagné la confiance de Yume. Il faut que je me déplace vite, pas sûr que je tienne plus longtemps*

Le directeur se décala sur la droite, et en effet aussitôt après le temps reprit son cour et la balle vint rencontrer le mur d'en face et s'y logea. Surpris, le chasseur resta pendant un moment dans l'incompréhension. Voir un gamin éviter une balle, et de surcroit se faire remplacer aussitôt par un individu plus agé, ce n'était quand même pas annodin.

- C'était quoi ça ? T'es magicien ou un truc du genre ?

- Je vous l'ai dit, vous n'avez à faire qu'à une illusion.

- Illusion ! Mon cul !

Il le remit en joue et le canardait sans relache. La silhouette du directeur semblait ainsi partout et nulle part à la fois, comme une ombre qui se déplaçait entre chaque balle, mais ses forces commençaient à le quitter et l'esquive des balles ne serait que de courte durée. Cependant l'alarme retentit à ce moment, comme prévu.

"Attention. Intrusion détectée dans le réfectoire. Restez calme le temps que la situation soit réglée...... Attention. Intrusion détectée dans le réfectoire. Restez calme..."

- On est grillé ! Alakazam prépare-toi !

L'homme voulut sortir l'objet sphérique de sa poche mais il ne trouva rien.

- Merde je l'ai foutu où ?

- C'est ça que vous cherchez ?

Le directeur tenait dans sa main une pokéball.

- Quand est-ce que ?...

Pendant ce temps, le démolosse avait flairé de son côté et était tout proche de la poubelle. Il aboya, ce qui alerta son maître.

*Mince j'étais trop concentré à esquiver ses tirs et lui voler un objet, je n'ai même pas fais gaffe à l'autre boule de poil !*

- La situation semble de nouveau à mon avantage ! Bien joué Démolosse, maintenant fait le griller !

Il donna l'ordre tandis que le molosse grognait férocement et grattait près de la poubelle avec insistance. Enfin il s'écarta et ouvrit la gueule, de laquelle sortit de grosses flammes qui se dirigeait vers la cachette du Zoroark. Alerté, le directeur tenta une ultime manoeuvre. Une ultime formule prononcée dans la hâte.

"Gravitas"

Soudain le jet de flamme qui se dirigeait vers la poubelle fut dévié avec un angle serré vers une autre direction, comme attirée par quelque chose. L'attaque fut attirée vers le responsable du colisée qui venait de se protéger derrière une table. Celle-ci partit en morceau et une partie de l'explosion se répercuta sur l'homme aux yeux rouges. Ses vêtements furent en partie brûlés. Il se retrouvait torse nu, le corps parcouru de multiple blessures.

- Espèce de...

Mais à peine le chasseur eu-t-il le temps de continuer à parler, qu'une petite flèche noire, comme un projectile, le traversa de part en part, le faisant briller et transformer instantanément en trophée. Le démolosse s'évapora à son tour. Devant la porte du réfectoire se trouvait l'agent Arnold, imposant, le bras tendu, équipé d'un mini canon à neutralisation, une version miniature de celui qu'avait utilisé l'emissaire subspatial par le passé. L'agent baissa le bras et inspecta les dégats, voyant au loin le directeur salement amoché mais toujours conscient.

- On a eu chaud.

- Rectification. Moi oui, mais pas vous. En tout cas je suis content qu'on y soit parvenus, j'ai réussi à gagner les quelques secondes qui manquaient jusqu'à à votre arrivée.

- Vous devriez aller à l'infirm...

- Non non non, hors de question, ma douleur n'est rien comparée à ce que je risque de supporter si Marissa découvre que j'ai désobéi et que je me retrouve dans cet état. J'aime mieux éviter sa furie.

- Laissez-moi au moins vous aider.

- Je me débrouillerai, allez plutôt vous assurer de la bonne santé de Yume, et n'oubliez pas d'aller m'enfermer ce chasseur de trophée, à-l'endroit-où-vous-savez.

- Bien reçu.

Le directeur se leva difficilement, et avant de se diriger vers la sortie il vint récupérer sa fameuse peluche qui était par chance restée intacte. Arnold s'approcha de la poubelle et ouvrit le couvercle pour laisser sortir le Zoroark.

- Ça va là dedans ? Rien de cassé ?

Enfin il prit la silhouette inerte du chasseur de trophée sous un bras et se dirigea vers la sortie en compagnie de son supérieur. C'était la fin du chasseur nommé le Dompteur, tout comme ce fut celle de Rex et d'autres chasseurs dans le futur. L'homme pâle aux pouvoirs étranges ne se retourna pas une seule seconde, ne laissant apparaître que son dos meurtri par les événements. Il eu quelque dernière paroles pour Yume avant de partir.

Un homme de dos qui se tient toujours droit et debout malgré le poids des responsabilités:
 

- Merci encore, et désolé pour tout à la fois. J'espère que nous aurons l'occasion de nous rencontrer à nouveau. J'en suis certain. En attendant, prend soin de toi... Yume. Il y a de belles choses qui t'attendent, qui nous attendent, alors... ne regarde pas trop en arrière.

Il fit un pas de plus mais il s'arrêta, toujours sans se retourner.

- Oh... et ne perds pas le sablier qui est autour de ton cou.

Un petit sablier accroché à un collier s'était en effet retrouvé instantanément autour du cou du Zoroark. Comment et quand ? Seul le directeur le savait. Le sable à l'intérieur brillait d'un or éclatant.

- A quoi il sert ? A toi de voir. Des fois quand on le regarde on a l'impression d'avoir le temps de réfléchir pendant des heures alors qu'il ne s'est passé que quelque secondes en réalité, ou alors on a l'impression de vivre ce qu'on aurait aimé vivre. Ne l'utilise pas en combat, il pourrait se casser. C'est tout ce que je peux faire pour m'excuser du dérangement. Sur ce... à bientôt... peut-être.

L'homme disparut enfin, laissant le soin au Zoroark de se demander où cet étrange personnage avait appris son nom alors qu'il avait agit comme s'il ne le connaissait pas. Un garçon qui est tout de suite devenu un homme, et qui se fait obéir par un agent de sécurité. Un homme aux réflexions étranges et aux pouvoirs qui l'étaient tout autant. Qui était-il vraiment ?

Tant de questions à se poser pour un être qui, jusqu'à présent, n'était considéré que comme un appât pour les autorités du Colisée...

...mais plus qu'un appât, le risque pour un homme de tomber d'aussi haut qu'il ne s'était hissé à l'origine. Un paris sur le destin, une sorte de rêve qu'il avait eu en cette créature. Un miroir où se réfléchissait sa solitude et qui d'un coup pourrait peut-être se briser vers un salut, vers une compréhension mutuelle. Le bien, le mal, le blanc ou même le noir, dissiper tous ces états de faits. Peut-être un jour pourra-t-il faire de ce monde son idéal, et pourquoi pas, corriger les erreurs de ses frères qui avaient sombré dans la cupidité.



Yume gagne un Sablier étrange rempli de sable doré (non utilisable en combat)
Note : Le sablier peut être échangé à la boutique contre 2400 JSS


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Le temps d'un rêve [Yume]

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